Comment préparer ma césarienne programmée ?

Vers une césarienne bienveillante

Si vous avez un peu parcouru mon site internet vous le savez déjà j’ai 2 merveilleux loulous de 5 et 3 ans, bébés nés en pleine santé et tous les 2 nés par césarienne… Alors c’est peut être pour ça que j’ai envie d’écrire mon premier article du blog sur le sujet… Étrange pour une Doula de commencer par parler de l’accouchement médicalisé me direz-vous? Pas tant que ça! Car une césarienne peut prendre mille visages et notre culture française aujourd’hui ne nous prépare pas à se préparer…

Accoucher naturellement par césarienne… oui c’est possible!

La césarienne est une intervention chirurgicale permettant d’accoucher par incision de l’abdomen et de l’utérus lorsque l’accouchement par voie vaginale n’est pas envisageable pour la santé de maman, de bébé, ou des deux (nous parlons bien ici des mamans qui n’ont pas d’autres choix pour elles mêmes ou pour leur bébé).

J’ai envie de préciser que mon article n’a pas pour vocation aujourd’hui de débattre sur les abus de césariennes programmées dites de confort, ou sur les violences de celles réalisées en urgence par certains centres hospitaliers français (même si oui clairement cela en méritera un c’est certain…)

Non aujourd’hui j’ai juste à cœur de vous informer sur un “nouveau” type de césarienne auquel les femmes peuvent avoir accès dans de plus en plus de maternités françaises afin qu’elles puissent préparer leur projet de naissance (oui il peut y avoir projet de naissance avec une césarienne programmée) en pleine conscience et en pleine connaissance des choix qui s’offrent à elles.

CÉSARIENNE BIENVEILLANTE

L’approche bienveillante en césarienne est une démarche où tout est mis en oeuvre pour limiter le traumatisme lié à l’accouchement-naissance chirurgical et favoriser la rencontre entre maman et bébé. De cette philosophie découle une césarienne dite bienveillante (oui je sais le mot est bien large et tout le monde y mets tout dedans depuis quelques temps mais moi j’ai envie de croire encore en ces quelques lettres même si elles peuvent être parfois mal utilisées) permettant une autonomie rapide de la maman et répondant au plus près aux besoins émotionnels et physiologiques du couple maman-nouveau né. Elle favorise un meilleur démarrage de l’allaitement et baisse de façon significative les risques de dépression du post partum pouvant être liés à l’acte chirurgical initial.

MOINS ANESTHÉSIQUES

En premier lieu, comme cette technique extra-péritonéale est moins douloureuse, les doses anesthésiques administrées en début d’intervention sont très inférieures à une césa classique. L’anesthésie,  qui intéresse la région située sous le nombril jusqu’aux orteils (rachianesthésie) est aussi de bien plus courte durée. Il en résulte pour toi maman la possibilité de te lever et marcher au bout de 2/3 heures, d’uriner normalement sans sonde et de manger ou te doucher dès que tu en as envie. Les conséquences post opératoires sont par la même beaucoup moins lourdes.

CHIRURGIE EXTRA PÉRITONÉALE

Il s’agit d’une technique élaborée dans les années 2000 par le Dr. Joël Cohen et  mise au point il y a une dizaine d’années par le Dr Denis Fauck.

Le chirurgien incise la peau au même endroit qu’une césa classique. En revanche l’aponévrose est ouverte différemment: vertical et côté gauche soit dans le même sens que les fibres musculaires… bouger, se redresser et marcher après l’intervention est par lien, beaucoup moins douloureux. Les muscles sont ensuite écartés avec les doigts et au lieu d’inciser le péritoine, on le contourne. C’est tout a fait possible car le péritoine s’arrête au-dessus de la vessie et de l’utérus. Le chirurgien obstétrique passe donc au dessous pour accéder à l’utérus et l’ouvrir au même endroit que pour une césarienne classique… Plus de risques de blesser les intestins et les séquelles sont beaucoup moins nombreuses…

ASSOCIÉE  A LA POUSSÉE MATERNELLE

Le principe est qu’en créant un obstacle à l’exsufflation, la maman peut apprendre à contrôler efficacement son diaphragme, ses muscles abdominaux et son périnée. On pourra se servir par exemple d’un “souffleur” qui est un petit embout en plastique. Utilisé lors d’un accouchement par césarienne cela permet alors à  maman de fournir une poussée utile à la sortie de bébé, progressive et répétée comme lors d’un accouchement par voie vaginale… je vous laisse imaginer la dimension physique et émotionnelle pour maman et pour bébé dans la préparation et l’acceptation de cet arrivée au monde particulière.

Après un premier accouchement traumatique par césarienne en “urgence” pour ma grande, nous avions décidé avec mon chéri de tenter un AVAC (Accouchement par voies Vaginales Après Césarienne) pour notre deuxième et nous nous y sommes préparés sans relâches pendant toute la grossesse… Je vous la fait très courte mais finalement après de nombreuses heures de travail (ça aussi ça fera certainement l’objet d’un article un jour) il a été décidé (oui c’est bien comme ça que je l’écris hein) de pratiquer de nouveau une césarienne… je vous laisse imaginer notre déception… j’étais dévastée de revivre ça, de ne pas être capable de donner la vie, de ne pas être actrice de la mise au monde de mon enfant… de ne pas enfanter.

Je ne connaissais pas la méthode extra péritonéale à l’époque mais j’avais en revanche entendu parler de la poussée en césarienne et lorsqu’on m’a transféré au bloc j’ai trouvé la force et le courage (si si quand t’es au milieu de blouses blanches à 3h du matin après 24h de travail en position gynéco on appelle ça du courage 😉 d’en parler à l’équipe et au chirurgien obstétrique de garde ce soir là (que je ne connaissais pas bien entendu…

J’ai eu la chance de tomber sur une équipe qui a su m’écouter.

Et au moment où le chir m’a dit “allez madame on y va… poussez!”… J’ai poussé.

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